Le samba reggae... le rythme roi de Bahia
Le samba-reggae est né au Brésil dans les années 70, à Bahia exactement. La musique s'est développée dans le contexte sociopolitique d'émancipation de la population afro-brésilienne. Musicalement, les origines sont diverses. Il s'agit d'une rencontre de la samba avec les rythmes caribéens (principalement le Reggae et le Merengue) et avec la musique issue du Candomblé, la principale religion afro-brésilienne, de culture Yoruba.
Les premiers blocos de samba-reggae sont apparus pour le carnaval. Ils s'inspiraient des afoxés, des groupes de musique issus du Candomblé défilant pour le carnaval (cf Les Fils de Gandhi). Le premier s'appelle Ilé Aiyé, puis se fût Olodum, et enfin Muzenza, Male Débalé, Arakatu pour les plus connus dans les années 80. Ils formaient d'énormes cortèges de la population noire du quartier (blocos afros). Certains en sont même devenus les symboles de leur quartier (Olodum dans le Pelourinho, Ile Aiyé à Liberdade). Ils deviendront les groupes phares du carnaval Bahianais.
Historiquement, le samba-reggae est né dans le courant d'émergence de la conscience noire. Cent ans après l'abolition de l'esclavage, les inégalités raciales persistent. Comme aux USA avec le Black Power, des mouvements de revendications noires se développent au Brésil (ex : MNU, Mouvement Noir Unifié). Les premiers blocos afros vont être porteurs de ces idéaux sociaux.
Olodum se compose de jeunes du quartier très pauvre qu'est le Pelourinho. Le groupe devient un vecteur d'éducation peu à peu en formant les jeunes à la musique dans une démarche valorisante, et aussi en développant des écoles, des centres sociaux, des services communautaires... Olodum ouvre l'accès à l'alphabétisation à toute une population exclue de la société civile.
Ilé Aiyé et son leader Vovo, très militant " noir ", crée aussi des écoles. Des cahiers d'éducations pour ces jeunes noirs sont mis en place. On y enseigne l'histoire du peuple africain (la diaspora, les persécutions, etc.) quand aucun manuel scolaire ne fait allusion à cette terrible partie de l'histoire. On y montre aussi toute la richesse de la culture noire. Petit à petit, on y revendique la fierté de son identité noire. Le concept de négritude se développe, comme un pied de nez à la culture blanche dominante qui avait tout fait pour spolier aussi les afro-brésiliens de leur mémoire collective.

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Les percussions du Bloco
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surdos: tambours basses. Il y en a 3 types : 2 qui assurent la marcation tel un battement de coeur (métronomes de l'orchestre) et le 3ème plus aigu qui nourrit la mélodie. |
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répiques: tambours aigus et claquants. Ils lancent les appels auxquels les autres instruments répondent et donnent des swings différents à chaque morceau. |
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caixas: caisse claire. Elle maintient le groove et la cohésion de l'orchestre.
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Bahiafro restitue les phrasés originaux...
... des plus illustres blocos de samba-reggae, avec une technique et une rigueur musicale reconnue par leurs pairs....
... et insuffle une énergie toute particulière menée par les breaks...
... des incisions brutales dans la rythmique mélodique qui relancent la batucada sur un autre phrasé musical... l'ensemble gagne ainsi en puissance et en énergie. |